Osoji 2020 : Grand ménage à l’Aïkido !

Samedi 18 janvier 2020 de 8h30 à 12h au Dojo Joseph Guétat, ce n’est pas armé de leurs traditionnelles armes en bois que les pratiquants du club d’Aïkido de Seyssinet-Pariset ont entamé la nouvelle année. Mais plutôt le balai et la serpillière à la main !

En effet, comme le veut la coutume japonaise, le dojo (lieu de pratique des arts martiaux) est nettoyé de fond en comble pour la nouvelle année. Historiquement issu de rites purificateurs shinto, ce grand nettoyage appelé Ôsôji est devenu surtout l’occasion de traquer la poussière, ranger le lieu de vie pour mieux en profiter tout au long de l’année. Ce ne sont pas moins de 15 pratiquants qui se sont rendu un samedi matin, plus tôt que l’horaire d’entraînement habituel, pour débuter la matinée par un travail énergétique. S’en est suivi un petit déjeuner convivial donnant le carburant nécessaire au grand ménage en lui-même. Bureau, vestiaires, placards ont été nettoyés. Comme le veut la tradition les tatamis du dojo ont été aspirés et soulevés pour débusquer la poussière accumulée au-dessous. Puis pour finir, la serpillière a été passée à la méthode des écoles d’arts martiaux japonais, on tient la serpillière au sol avec les deux mains et ce sont les pieds qui poussent tout le corps qui avance à la force des jambes.

La matinée s’est terminée par une pratique d’Aïkido sur un dojo étincelant, avant le retour à une tradition plus gauloise, le partage de la tout aussi traditionnelle galette des rois.

Un troisième Dan pour Roger Genevois

Il y a quelques jours l’Aïkido Seyssinet-Pariset fêtait l’obtention de la ceinture noire 3ème dan de Roger GENEVOIS, professeur et responsable de l’enseignement du club.

Le club de Seyssinet-Pariset a été créé il y a plus de 40 ans par François BOURBON, et il fût un des premiers élèves formé par Nobuyoshi TAMURA qui est arrivé du Japon envoyé par le fondateur O Sensei Morihei UESHIBA pour diffuser l’Aïkido en Europe. François BOURBON, professeur d’Aïkido diplômé de Brevet d’État, avait créé une méthode d’enseignement : l’École Aïki-Zen. Il était parti avec son épouse s’installer en Bretagne en 2017 où il est décédé cet été. Il avait transmis en toute confiance les clés de son école à Roger GENEVOIS alors titulaire du Brevet Fédéral d’Aïkido.
Depuis Roger GENEVOIS travaille sans relâche pour appliquer et transmettre avec bienveillance à tous les pratiquants, enfants, adolescents, adultes, débutants et expérimentés, offrant des cours de qualité. Il a aussi mis en place un projet pluriannuel de formation de ses trois assistants Jean-Christophe ROCHE, Laurent MASTRORILLI et Florian CATHALA, tous trois ceintures noires 2ème dan et aujourd’hui titulaires du Brevet d’Initiateur Fédéral d’Aïkido pour l’épauler au quotidien sur les 5 séances hebdomadaires que propose le club, anticiper l’augmentation du nombre de pratiquants (+70 % sur ces deux dernières années) et surtout assurer la continuité de l’école Aïki-Zen. La démarche d’enseignant de Roger GENEVOIS va au-delà de Seyssinet-Pariset : il participe et initie des rencontres avec des enseignants des clubs voisins dans le département.

C’est dans ce contexte que la FFAB (Fédération Française d’Aïkido et de Budo) a décerné à Roger GENEVOIS le grade de ceinture noire 3ème dan, diplôme remis par d’anciens élèves de François BOURBON et aujourd’hui professeurs et dirigeants compétents et reconnus des différentes instances de l’Aïkido en Rhône-Alpes : Michel CHAMPAUZAC 5ème dan du club d’Échirolles, Anna CHAMPAUZAC 4ème dan du club d’Échirolles, Gaëtan CALDARA 4ème dan du club d’Herbeys et Jean-Luc MORAT 4ème dan du club de Claix.

En homage à François Bourbon

Samedi 10 août 2019,  François BOURBON nous a quitté à 73 ans des suites d’une longue maladie.
Professeur diplômé d’État, 5ème dan, il a consacré sa vie à l’Aïkido, ses élèves ont tenu à lui rendre hommage.


Très tôt François s’est intéressé aux arts martiaux.  À l’adolescence il se consacre tout d’abord à la pratique du Judo dans le club de Vichy où il obtient un 2ème dan en 1970. Dans ce club il découvre l’Aïkido en 1965 avec son professeur Jean DESCHAMPS.
Très vite, François se passionne pour cet art martial nouveau, sous les influences de maître Masamichi NORO, de maître André NOCQUET, de Gérard BLAISE. Ce dernier lui présentera maître Nobuyoshi TAMURA en 1971, des mains duquel il obtiendra son 1er dan l’année suivante.
Pratiquant inlassable et exigent il développera son Aïkido et sa précision technique jusqu’à obtenir son 5ème dan en 2009.
Mais très tôt la notion d’adaptation en Aïkido devint une nécessité concrète dans sa pratique. Dans les années 1980 blessé durement aux membres inférieurs, l’utilisation de la force physique devint impossible. Il considérera ce « handicap » comme un événement positif lui permettant rendre sa pratique plus exigeante.
Au travers d’une recherche accrue dans l’étude des fondamentaux de l’Aïkido, il développe une pratique dynamique intégrant des déplacements fluides, légers et insiste sur l’utilisation de la mécanique du corps pour un travail précis et juste.
Pédagogue enthousiaste, il passe son brevet d’état en 1979 pour enseigner l’Aïkido à Vichy, puis à Bordeaux. Et enfin, arrive à Seyssinet-Pariset en Isère en 1977 où il crée son propre club avec l’aide de la municipalité de l’époque. Non sans susciter la curiosité des habitants, peu habitués à voir des « samouraïs » pratiquer régulièrement les armes à l’extérieur du Dojo.
François met en place dès 1990 une « École d’Aïkido » pour enfants de 8 à 12 ans au sein du club et assure le démarrage des premiers prémices du comité départemental en Isère.
François a dirigé et participé à de nombreux stages et jurys nationaux. Durant toute sa carrière d’aïkidoka et surtout d’enseignant, il a encadré un grand nombre d’élèves devenus des professeurs et des dirigeants compétents, faisant désormais partie des différentes instances de l’Aïkido en Rhône-Alpes.

Depuis septembre 2012, François avait créé sa propre méthode d’enseignement « Aïki-Zen». Introduisant la pratique de zazen (méditation assise) dans la préparation à l’Aïkido, insistant toujours davantage sur la nécessaire harmonie Aïte-Tori. Il disait envisager l’Aïkido comme un moyen de participer à l’évolution profonde de l’Être.
Une fois la continuité de son enseignement au sein du Dojo de Seyssinet-Pariset assurée, il prit sa retraite professionnelle mais pas martiale, en Bretagne, où il relancera le club d’Aïkido de Penmarch en 2017.

Entier, faisant un avec sa voie, vivant l’Aïkido chaque seconde, ses élèves le remercient pour son enseignement. Il n’a jamais cessé de transmettre ce qu’il estimait avoir mis beaucoup de temps à comprendre sur l’Aïkido.